Apprendre la langue d’un autre territoire, c’est aussi traverser les frontières du visible.
Dans ce numéro, le Journal de l’alpha s’interroge : comment penser l’alphabétisation quand les personnes en formation n’ont pas le français pour langue de départ ? Quels repères construire pour des apprenant·es aux parcours migratoires parfois marqués par la précarité, la rupture ou la violence ?
À travers des témoignages de terrain, des outils pédagogiques, des regards critiques et des propositions artistiques, ce dossier explore les enjeux spécifiques de l’« alpha pour non-francophones ». Il interroge les classifications (alpha, FLE, illettrisme…), déplace les lignes trop étroites entre oral et écrit, entre savoirs scolaires et savoirs de vie.
Des initiatives créatives, comme un jeu de l’oie pédago-gique ou des projets autour de l’art brut, montrent que l’apprentissage peut aussi passer par le plaisir, l’estime de soi, et la mise en récit de son propre parcours.
Dans un monde où les politiques migratoires se durcissent, ce numéro réaffirme que l’alphabétisation est un acte profondément politique : il s’agit non seulement d’apprendre une langue, mais de retrouver sa place, son pouvoir d’agir, sa voix.