Journal de l'alphaLogo Lire et ÉcrireJA 241 | 2-2026

    Dans le secteur de l’alphabétisation et du FLE, nos contributeurs à ce nouveau Journal de l’alpha nous montrent que la militance est multiforme et multi-dimensionnelle.

    Militer, aujourd’hui, c’est encore défiler, signer, revendiquer mais c’est aussi motiver une classe d’apprenants, accompagner une personne dans une démarche administrative incompréhensible, traduire une lettre, expliquer un droit, rassurer, orienter. La militance ne se limite pas à contester, elle rend effectifs des droits fragilisés : droit à la langue, droit à l’accès aux services publics, droit à une présence humaine face à la numérisation des administrations.

    À l’heure où nos démocraties se droitisent, où les politiques publiques se recentrent sur des logiques de contrôle, d’activation et de rentabilité, le secteur associatif se trouve fragilisé. Réduction ou incertitude des financements, mise en concurrence, injonction à l’efficacité mesurable : tout concourt à redéfinir sa place. Dans ce contexte, la transformation de la militance prend un sens plus critique encore. Car ce qui était historiquement porté comme un projet d’émancipation collective se retrouve pris dans des cadres qui en redéfinissent les finalités. Le risque n’est pas la disparition de la militance mais sa dilution silencieuse — au moment même où elle est le plus nécessaire