Commencer par comprendre
Suite à la crise covid et à celle de l’énergie et à l’inflation du prix des biens de première nécessité, y compris celle des loyers, à la rentrée 2022, nous avions très peu d’inscrits. D’habitude, on a des listes d’attente mais ce n’était plus le cas. On s’est aussi rendu compte qu’il y avait un taux d’absentéisme élevé. Et on ne voyait plus beaucoup de motivation chez les apprenants, ils étaient très passifs, en attente d’un apprentissage très scolaire avec des feuilles d’exercices, etc. Pour nous, il y a trois conditions à la motivation : des apprentissages qui font sens, du plaisir et de la reconnaissance. Là, on avait l’impression qu’il n’y avait plus de plaisir, plus d’intérêt, plus de sens. Et ça concernait la majorité des apprenants. On n’avait jamais été confrontés à ce genre de situation. Donc on s’est retrouvés avec des groupes qui fonctionnaient avec 4-5 personnes, alors que précédemment, dans nos groupes, on avait 18 inscrits dont 11ou 12 personnes toujours présentes. De plus, les apprenants ne voulaient plus travailler en sous-groupes, ils restaient à distance les uns des autres et avaient peur du contact.
On rencontrait aussi beaucoup de difficultés à retravailler avec nos partenaires. Tous s’étaient retrouvés dans la même galère que nous. Tout comme nous n’avions pas assez d’apprenants, ils n’avaient pas assez de stagiaires pour renouer un partenariat sur les mêmes bases qu’avant le covid2. On avait l’impression que chacun devait reprendre ses marques. Après, il y avait aussi tous les problèmes informatiques qui découlaient de la digitalisation croissante de la société. C’était une fracture supplémentaire pour les apprenants.
Il y avait plein d’éléments qui faisaient que notre public reculait par rapport à la formation. On assistait à une sorte de dépression sociale. On a réfléchi et on s’est rendu compte que les différentes crises avaient fort fragilisé les apprenants. Comment tu peux te projeter dans un apprentissage quand, avec le covid, tu as vécu la peur d’être avec les autres ? Quand, avec la crise économique et l’inflation, tu vis dans la précarité ? Notre agente de guidance ne s’en sortait plus pour traiter tous les problèmes psychosociaux. Heureusement, on a eu l’opportunité d’engager une agente supplémentaire pour la renforcer. Puis on a réfléchi tous ensemble3 et on a eu l’idée de mettre en place un dispositif où la question centrale serait : comment affronter la crise quand on a des difficultés de lecture et d’écriture ?
Se mettre en projet
À partir de là, on est revenu à l’historique de la régionale, à nos valeurs et à nos méthodes. Et on s’est rendu compte que nous aussi, avec le covid, on avait perdu l’habitude de travailler en équipe et qu’il n’y avait plus de cohésion entre nous. On a alors décidé de se remobiliser autour d’un projet commun et on a choisi le thème de la crise qui serait travaillé dans tous les groupes. Comme méthodologie, on a opté pour les Intelligences citoyennes4 qui permet de construire du collectif. Et on s’est assez naturellement tournés vers Se dire et agir5 qui adapte la méthodologie des Intelligences citoyennes au public de l’alpha. On commencerait par une journée de lancement avec tous les apprenants pour leur présenter le nouveau dispositif et les mobiliser. On a aussi choisi une série de démarches dans le manuel, qu’on a d’abord vécues entre nous et que chacun animerait ensuite, dès janvier 2023, dans son groupe, qu’il soit ou non CISP6, et à son propre rythme.
On voulait remettre l’apprenant au centre et repartir de ses besoins. On voulait lutter contre l’individualisme ambiant et être créatifs dans la solidarité. On voulait aussi pouvoir déboucher sur des actions politiques pour faire remonter les différentes
problématiques que rencontrent nos apprenants : une double précarité liée d’une part aux difficultés auxquelles ils sont confrontés en raison de leur illettrisme et d’autre part à la non-satisfaction de leurs besoins primaires. Si ces besoins ne sont pas pris en compte, ils n’ont pas la tête à se projeter dans quoi que ce soit – y compris la formation – et c’est totalement compréhensible.
Lors de la journée de lancement en septembre 2022, pour présenter Le thème de l’année? et le dispositif aux apprenants, on a travaillé avec eux autour d’une fresque qu’on a construite ensemble : la fresque plurielle de Se dire et agir (voir encadré).
La fresque plurielle7
On place une longue bande de papier kraft sur le sol où on inscrit une phrase – ici c’était le titre du dispositif : comment affronter la crise quand on a des difficultés de lecture et d’écriture ? Puis chacun est invité à y déposer ce que cette phrase éveille en lui, comment elle lui parle : un dessin, un mot, un collage, un objet… Une fois que tout le monde s’est exprimé, on tourne autour de la fresque en regardant ce que les autres ont déposé et on peut compléter. Ensuite on s’assied autour de la fresque et chacun choisit quelque chose qui l’a interpelé personnellement, soit parce que ça conforte ou complète ce qu’il pense ou ressent, soit parce que c’est quelque chose qui l’interpelle ou qu’il ne comprend pas. « La fresque permet de construire un premier ‘Nous’, un premier collectif du fait d’avoir brassé les représentations et d’avoir ‘pris avec soi’ l’apport d’autres personnes. C’est une démarche de reconnaissance réciproque qui permet de prendre confiance dans la capacité d’un groupe à s’exprimer et à faire œuvre commune. »8
Au début, ce n’était pas la joie parce que les apprenants ne voulaient plus entendre parler de la crise : « C’est toujours la même chose ; on ne vient pas ici pour ça ; on vient pour se distraire. » On leur a expliqué qu’on leur proposait ce nouveau dispositif parce qu’on voulait partir de leurs besoins pour que la formation ait du sens pour eux, qu’ils puissent faire des apprentissages qui leur permettent de trouver des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent et, du coup, de se sentir mieux. Donc ça a été compliqué au départ, y compris avec ceux qui, avant le covid, s’investissaient dans le militantisme9.
S’engager dans un nouveau partenariat
Notre point de départ a été de se dire : « Avant d’aller plus avant pour renouer avec nos partenaires en formation préqualifiante et qualifiante, il faudrait d’abord s’orienter vers des partenariats alternatifs pour tenter de répondre aux besoins primaires des apprenants, leur permettre d’affronter la crise. » On a fait (mentalement) le tour de nos partenariats d’avant le covid et on s’est dit qu’on pourrait redémarrer le partenariat avec le Plein Air10, un CISP qui, outre qu’il propose des formations, s’est investi dans l’économie circulaire – recyclerie, réparation de petits électros, upcycling, biomaraichage… – mais sous une nouvelle forme. Alors que précédemment nous étions dans une optique de passerelle entre l’alpha et la formation (pré)qualifiante, suite à la crise, il nous fallait entrer dans une nouvelle dynamique.
C’est ainsi qu’en décembre 2022, nous avons décidé de reprendre le partenariat avec le Plein Air et on s’y est rendus avec les apprenants pour qu’ils puissent voir leurs différents projets. Les apprenants y ont participé à des ateliers, notamment un atelier d’upcycling pour préparer Noël. Et là, ça a été la révélation ! Ils ont aussi découvert la ressourcerie, la recyclerie, le magasin de vêtements de seconde main… Certains étaient venus avec des pieds de plomb mais après, quand ils ont vu qu’il y avait moyen de réparer des petits électros, qu’on peut trouver des machines à laver avec un label de qualité pour 100 euros, ils ont dit que c’était génial. Donc, le fait d’en parler, ça ne marche pas ; le fait de le vivre, ça change tout. Ils ont vu que la ressourcerie nous intéressait aussi – Caterina a même acheté un vélo – et se sont dit qu’ils pourraient faire autre chose avec l’argent ainsi épargné. Un changement de regard s’est opéré sur le fait que ces services ne sont pas réservés aux pauvres. Pour eux, ressourcerie était égal à pauvreté, pauvreté à crise et « la crise, j’en ai marre, donc je vais pas dans ce genre d’endroit ». Suite à cette visite, on a pu les amener à réfléchir sur « qu’est-ce que consommer autrement m’apporte personnellement ? » Mais aussi sur « qu’est-ce que ça apporte à la planète ? », question qu’ils ne s’étaient pas posée jusque-là. Il faut savoir que pour nos apprenants – mais pas que pour eux ! – la reconnaissance passe d’habitude plutôt par l’achat d’un gsm dernier cri.
Notre objectif était que les apprenants y retournent seuls ou avec leur famille mais, dans la pratique, ce n’est pas possible pour tous.
Nathalie s’est rendu compte que pour les apprenants de son groupe, inscrits à Lire et Écrire en filière réinsertion sociale – pour la plupart des personnes âgées ou très fragilisées, dont une seule possède une voiture –, c’était compliqué de se rendre à Mons, au Plein Air, de manière autonome. Elle a donc cherché des lieux alternatifs ici, à La Louvière, et a découvert les magasins citoyens : magasin de vêtements de seconde main, restaurant, coiffeur, pédicure… où les prix sont un peu moins élevés qu’ailleurs. Elle s’y est rendue avec son groupe et depuis, certains y retournent seuls. Un samedi, le groupe est aussi allé visiter la donnerie de La Louvière, visite qui s’est poursuivie autour d’un verre, moment convivial où des liens se sont créés. Les apprenants se sont ensuite retrouvés pour passer d’autres moments ensemble, dont le réveillon du Nouvel An. Ce qui fait dire à Nathalie, que « c’est tout gagné ! »
En allant au Plein Air avec les apprenants, l’objectif était aussi de faire changer le regard des formateurs et des stagiaires de ce centre sur les personnes en difficulté avec les savoirs de base, leur montrer que ce n’est pas parce qu’elles ont ces difficultés qu’elles n’ont pas de compétences manuelles – les ateliers d’upcycling ont permis aux apprenants de montrer ce qu’ils savaient faire – et ne peuvent pas être acteurs de leur environnement.
Un autre projet que nous avons mis en place était les ateliers « zéro déchet » pour lesquels nous avons fait appel à Ophélie Noël, chargée de projets en prévention des déchets à la commune de La Louvière11. Chaque groupe a choisi un thème d’atelier parmi ceux qu’Ophélie proposait : produits ménagers, produits de beauté, tri des déchets, compost, cycle de l’eau… Ces animations ont cartonné et c’était très valorisant pour les apprenants quand, à la fin de la journée, leurs enfants sont venus voir ce que leurs parents avaient réalisé et se sont montrés vivement intéressés. Pour nous, c’était génial car c’est justement ce qu’on vise : que ce que les apprenants apprennent chez nous sorte de Lire et Écrire, qu’il y ait transmission des savoirs !
Dans le groupe de Nathalie, cette journée a débouché sur un projet de création de produits de beauté qui sera l’occasion d’une nouvelle sortie, à Bruxelles cette fois, pour aller acheter dans une boutique spécialisée les ingrédients qui serviront à confectionner les produits. L’occasion de travailler les compétences de base en lien avec le projet – comparaison des prix des produits, recherche des horaires de train… – mais aussi l’occasion d’apprendre des choses sur le fonctionnement du corps humain. Par exemple : ce produit resserre les pores de la peau mais c’est quoi un pore ?
Pour le moment, nous sommes en plein dans la préparation d’un Festival des alternatifs qui aura lieu le 3 juillet 2024 et où les apprenants pourront montrer aux visiteurs tout ce qu’ils ont appris au Plein Air et avec Ophélie lors des ateliers « zéro déchet ». Chaque groupe tiendra un stand sur un thème qu’il a choisi : les produits ménagers alternatifs, etc. Dans leur stand, les apprenants distribueront une petite fiche aux visiteurs, en lien avec leur thème, par exemple, pour les produits corporels, comment fabriquer soi-même du beurre de cacao. Pour eux, c’est un vrai changement de posture : d’apprenants, ils deviennent acteurs-animateurs.
Nous avons eu l’idée d’inviter le Plein Air au festival pour qu’il y tienne aussi un stand mais, pour des raisons extérieures au projet, il ne pourra pas y participer. Ce sera pour l’an prochain puisque nous avons décidé d’organiser un nouveau festival chaque année…
S’appuyer sur l’expérience de ce dispositif pour préparer le futur
Parallèlement, on s’est rendu compte de la nécessaire évolution du métier de formateur. Aujourd’hui, on ne peut plus se cantonner aux méthodes d’apprentissage des savoirs de base et ne pas posséder d’autres savoirs et compétences. L’année prochaine (2024-2025), le projet portera sur l’alimentation saine. L’exploitation du thème ne se limitera pas à des animations ponctuelles pour lesquelles on ferait venir des animateurs extérieurs. Nous voulons être à l’aise sur cette thématique pour animer nous-mêmes tout au long de l’année. Ça nous permettra aussi d’adapter la méthodologie et les contenus à notre public12, de travailler les savoirs de base en lien avec le thème. Et donc l’équipe a décidé de se former, d’un point de vue théorique et pratique, auprès de l’Observatoire de la santé13. Travailler nous-mêmes les contenus avec les apprenants nous permettra par ailleurs d’être assurés que les apprenants resteront au centre des apprentissages et de tout mettre en œuvre pour qu’ils puissent s’approprier les savoirs et savoir-faire afin d’être capables de les transmettre à d’autres.
Nous avons aussi en projet de poursuivre le redéploiement de nos partenariats. L’idée est de permettre à nos apprenants d’aller en stage chez des partenaires. Dans un premier temps au Plein Air avec qui nous allons tester des formules qu’on évaluera et réajustera avant de créer des partenariats avec d’autres CISP, toujours autour des pratiques alternatives. Il s’agira de stages où les apprenants rejoindront pour une journée un des groupes du Plein Air en formation (pré)qualifiante. Ils auront ainsi l’occasion d’échanger avec des stagiaires qui apprennent un métier dans lequel ils peuvent se projeter, de développer l’envie de s’inscrire eux aussi en formation dans cette filière. Ce qui pourrait les aider à quitter le « cocon » de Lire et Écrire pour avancer dans la réalisation de leur projet personnel.
À la rentrée 2024, nous allons aussi aller animer une journée avec les stagiaires et les formateurs du Plein Air pour les sensibiliser au problème et aux causes de l’illettrisme. L’idée ici est de constituer un groupe mixte regroupant des stagiaires du Plein Air en difficulté avec les savoirs de base et des apprenants de Lire et Écrire en demande d’aller en stage au Plein Air. Tous les vendredis matin, ce groupe sera animé par une formatrice de Lire et Écrire qui travaillera avec eux les savoirs de base, en lien avec les filières de formation des participants du Plein Air. Les apprenants de Lire et Écrire passeront ensuite l’après-midi dans un groupe du Plein Air et pourront se familiariser avec les savoirs et savoir-faire relatifs à la filière qu’ils auront choisie. En préparation, avec les agentes de guidance, nous avons commencé à rencontrer chaque apprenant en entretien individuel pour définir son projet pour l’année prochaine, qu’il soit ou non professionnel : ce qu’il a envie de faire ; les compétences qu’il a acquises à Lire et Écrire ou ailleurs ; ses atouts, ses freins et perspectives d’avancement de sa mise en projet ; etc. Cela sans chercher à mettre la pression pour que tous s’orientent dans un parcours d’insertion socioprofessionnelle car on est bien conscient qu’aujourd’hui, pour certains, ce n’est tout simplement pas possible, que ce soit pour des raisons liées à l’âge ou pour d’autres raisons. Ceux qui ne se projettent pas dans une optique d’ISP, on les questionnera sur leur motivation à apprendre, sur le projet qu’ils poursuivent en venant à Lire et Écrire pour tenter de répondre le mieux possible à leurs besoins. C’est sur cette base qu’on compte construire nos futurs partenariats : aller vers les partenaires potentiels sur base des demandes des apprenants et, parallèlement, redéfinir, ajuster, compléter notre dispositif pédagogique de formation. C’est-à-dire exactement l’inverse de ce qu’on faisait avant le covid.
Un public en besoin d’un ancrage social
En majorité, nos apprenants sont des personnes difficilement employables même s’ils arrivent à atteindre un bon niveau en lecture-écriture. C’est pour eux souvent très compliqué de trouver du travail. Selon les échos reçus d’un CISP vers lequel nous orientions précédemment des apprenants, le souci principal ne tenait pas tant à leurs difficultés en lecture et écriture, ni même en maths, mais plutôt à leur motivation, aux obstacles psychosociaux qui les freinent et à des questions de savoir-être. On entend aussi parfois qu’ils n’ont pas la « valeur travail ». C’est un peu fort car c’est oublier que certains ont travaillé très jeunes, qu’ils se sont cassé le dos au travail, y ont laissé leur santé… S’engager dans un nouvel emploi nécessite par ailleurs souvent d’investir dans l’achat d’une voiture ou d’avancer l’argent d’un abonnement de transports en commun. Et en fin de compte, quand ils font les comptes, les gens se disent : « Je vais me mettre en danger mais pour quel résultat ? » Plutôt que de s’engager dans un avenir incertain, une partie d’entre eux préfèrent rester à Lire et Écrire parce qu’ils y trouvent une zone de confort, une « famille », parce qu’ils y sont reconnus… Ce n’est pas qu’on veut les conforter là-dedans mais nous devons en tenir compte.
Aussi, quand un apprenant nous dit qu’il travaille au noir pour boucler ses fins de mois, qu’est-ce qu’on peut lui dire ? « Ce n’est pas bien de travailler au noir parce que tu ne cotises pas pour tes droits sociaux » ? Quelle légitimité a-t-on de leur tenir ce discours, alors qu’ils sont dans des situations où ils n’ont pas d’alternative pour s’en sortir ? Le seul projet de formation qui semble réaliste quand on a peu ou pas de perspective sur le marché de l’emploi, c’est de se dire : « J’ai envie d’apprendre ; j’apprends peut-être pour trouver du travail mais je peux aussi apprendre pour moi parce que ce que j’apprends, je vais pouvoir l’utiliser dans ma vie personnelle. Si, par exemple, je fais une formation en réparation d’électroménagers, je vais pouvoir réparer mes appareils, ceux de ma famille, de mes copains, je vais pouvoir aller à un Repair Café pour y proposer mes services et me créer des liens sociaux, et peut-être qu’un jour cela me permettra de trouver du travail. » C’est autre chose que de centrer tout son projet sur la recherche d’un emploi. Ce serait leur mettre de la poudre aux yeux que de leur dire : « D’abord tu vas te former, tu vas aller en stage, et puis tu vas trouver un travail et tu auras des congés payés… » Par contre, on leur ouvre des perspectives si on leur dit : « Si tu fais un apprentissage, une formation métier et que tu la fais aussi pour toi, tu sortiras de toute façon gagnant. »
On doit parallèlement travailler sur les stéréotypes comme celui selon lequel l’avenir professionnel d’une femme illettrée serait de devenir technicienne de surface et celui d’un homme illettré, maçon. L’une comme l’autre peuvent développer bien d’autres compétences, que ce soit pour en faire un métier ou un hobby, et c’est à nous de leur en montrer la faisabilité en leur proposant des visites, des ateliers, des stages… qui vont leur en donner le gout.
Bref, nous avons du boulot. On ne peut pas continuer à travailler comme il y a cinq ans, sinon on va droit dans le mur. Le public est le même mais la réalité des apprenants et leur environnement ont changé.
- Récit recueilli en juin 2024.
- Voir : Caterina MORABITO, Ma fonction de responsable de projets filières et passerelles. Pourquoi, comment et avec quelles retombées ?, in Journal de l’alpha, n°206, 3e trimestre 2017, pp. 104-113, www.lire-et-ecrire.be/ja206
- Direction, formateur·rice·s, agentes de guidance, responsables partenariats et responsable de pôles projets.
- Voir : Majo HANSOTTE, Les intelligences citoyennes et l’émancipation, in Journal de l’alpha, n°145, février-mars 2005, pp. 31-33, www.lire-et-ecrire.be/ja145
- Majo HANSOTTE et al., Se dire et agir avec les autres. Dire le Juste, l’Injuste et construire des Intelligences citoyennes, Lire et Écrire, 2021, https://lire-et-ecrire.be/Manuel-Juste-et-Injuste
- Les régionales wallonnes de Lire et Écrire sont reconnues par le Décret wallon du 10 juillet 2013 relatif aux centres d’insertion socioprofessionnelle. Pour info sur le décret, voir par exemple : www.interfede.be/cest-quoi
- Pour plus de détails, voir : Majo HANSOTTE et al., Se dire et agir avec les autres, op. cit., pp. 18-29.
- Ibid., p. 24.
- Voir : Cécilia LOCMANT et Bénédicte MENGEOT, Campagnes de sensibilisation : pourquoi Rosa ne parle pas en « je » mais résonne en « nous », in Journal de l’alpha, n°210, 3e trimestre 2018, pp. 44-60, www.lire-et-ecrire.be/ja210
- www.cpas.mons.be/services/emploi-et-formation/le-plein-air
- www.lalouviere.be/ma-ville/services-communaux/environnement/zero-dechet
- Par exemple : tous les apprenants n’ont pas un grand frigo pour y conserver des légumes, certains n’ont qu’un micro-ondes pour préparer les repas… Nous voulons partir de la réalité des apprenants pour réfléchir avec eux à comment manger sain quand les conditions matérielles ne sont pas optimales.
- https://observatoiresante.hainaut.be