À partir de l’expérience de l’association française d’éducation populaire La Brèche, ce texte explore la recherche-action comme un outil d’émancipation et levier de transformation sociale. Ancrée dans les territoires et nourrie par les engagements de celles et ceux qui y agissent, la recherche-action y apparaît non comme une fin académique, mais comme un moyen politique de co-produire des savoirs, de renforcer le pouvoir d’agir des habitant·es et de participer activement à la fabrique du commun en rural.

La recherche-action comme mode d’engagement politique associatif

Jean-Marie Perrinel, avec l’appui à l’écriture d’Ida Legagneur, Céline Champouillon et Florent Brun. Association La Brèche, Auvergne, France

La Brèche est une association d’éducation populaire, créée en 2012, entre Haute-Loire et Puy de Dôme (Auvergne, France), pour « œuvrer à un monde rural vivant, accueillant, ouvert, peuplé. Elle poursuit des buts de développement social, culturel et économique ; de partage de la culture, de l’éducation et des savoirs ; de développement de l’autonomie d’action des individus et structures collectives ; d’approfondissement de la démocratie locale, de lutte contre les injustices, les inégalités et les préjugés1

Pour atteindre ces buts, l’association mobilise différentes manières de faire et diverses démarches, dispositifs et outils de l’éducation populaire : ateliers d’écriture, arpentage, récits de vie, enquêtes participatives, choeurs de lecteur·rices… qui mobilisent et engagent les bénévoles et les salarié-es de manière différente et renouvelée.

La recherche-action fait partie de ses modalités d’agir et de penser. Elle est « une démarche et une méthodologie de recherche scientifique qui vise à mener en parallèle et de manière intriquée l’acquisition de connaissances scientifiques et des actions concrètes et transformatrices sur le terrain »2.

Dans les activités de la Brèche, la recherche-action est mobilisée de différentes façons et à diverses échelles. En effet, la Brèche est partie prenante de plusieurs réseaux et coordinations associatives, notamment le réseau des Créfad3, qui s’inscrit dans une filiation du mouvement Peuple et Culture4.

La recherche-action en milieu associatif est un moyen, et non une fin en soi, au service d’un projet politique. Il s’agit d’une modalité d’action et de pensée en perpétuel mouvement comme l’illustrent les exemples concrets et les projets en cours de déploiement décrits ci-dessous.

Des dynamiques collectives de recherche-action inter-associatives

Dès sa création, l’association la Brèche s’est impliquée dans des réseaux et coordinations inter-associatives. Le travail en réseau constitue un investissement revendiqué, une façon de faire qui nous permet notamment de questionner notre travail à la lueur des expériences d’autres, de nous bousculer.

Ainsi, au sein de ces réseaux inter-associatifs, des recherches-actions sont initiées et l’association la Brèche est impliquée dans certaines de ces démarches.

Questionner la transmission agricole avec les personnes concernées…   

Entre 2018 et 2021, l’association la Brèche a été partie prenante, au sein du Celavar5 Auvergne-Rhône-Alpes, d’une démarche d’étude et de recherche sur les transmissions agricoles6. Un partenariat a été constitué à l’échelle du Massif central pour mener à bien cette recherche-action et se projeter chacun-e et ensemble dans des suites possibles.

Cette recherche-action a d’emblée posé ce principe : elle part du terrain et se dirige vers le terrain. « Dans notre démarche d’étude et de recherche, l’action est à la fois un préalable (c’est à partir de constats de terrain que se construisent les questions de recherche), une manière de faire (l’équipe de recherche est constituée d’acteurs de terrain qui deviennent, le temps de l’étude, des acteurs-chercheurs), et une conséquence de l’étude car nous avons des enjeux à expérimenter les conclusions et préconisations pour agir sur nos terrains »7.

L’enjeu était bien de faire équipe entre chercheur-euses et acteur·rices associatifs engagé·es auprès d’entrepreneur·euses et paysan·nes qui souhaitent transmettre leur entreprise, leur ferme.

Les personnes concernées par le problème (ici celles et ceux qui transmettent ou reprennent des entreprises agri-rurales) sont des partenaires à part entière de la recherche, et non pas des supports, des objets voire des matériaux ou ressources pour la recherche. Il s’agit ici d’accompagner les acteur·rices de terrain à imaginer des solutions adaptées à leurs problèmes et difficultés. « On pourrait parler de recherche-action émancipatrice »8.

Le choix a également été fait de solliciter le soutien d’un conseil scientifique, composé de chercheurs universitaires ayant travaillé ou travaillant la question de la transmission notamment en agriculture, et des partenaires financiers de cette recherche. « Ce travail de recherche-action est celui de praticiens et praticiennes de l’accompagnement, pour la plupart peu ou pas expérimentés dans le domaine de la recherche et de ce fait moins aguerris à la méthode. Nous avons parfois avancé en tâtonnant, mais tout autant par choix que par défaut, en nous laissant la possibilité de faire évoluer notre démarche en fonction des retours que nous pourrions avoir des entretiens, des divers moments d’analyse, des deux rencontres avec le conseil scientifique… »9.

Au sein du Celavar, les associations du réseau des Créfad sont particulièrement motrices dans les démarches de recherche-action.

L’émergence d’un nouveau Comité d’Étude et de Propositions rural10               

Par son appartenance active au réseau des Créfad, les membres de l’association la Brèche s’engagent au sein de commissions et de groupes de travail, comme par exemple, au sein de la commission « rural » qui s’intéresse notamment aux enjeux de créations d’activités, d’habitat, d’animation locale, …

En janvier 2025, l’objectif a été énoncé : sur les sujets du rural, il s’agit de ré-actualiser une grille de lecture politique de ce qui s’y vit, s’y invente, s’y déploie, résiste parfois, de ce qui s’y subit aussi. Pour ré-affirmer cette dimension politique et reconstruire un discours audible, préalable à de nouvelles alliances, nous avons besoin d’un espace de travail et de recherche : un Comité d’Etudes et de Propositions « rural ». Le Comité d’études et de propositions, c’est historiquement une initiative de Peuple et culture, pour créer, autour d’un thème commun, des espaces multi-acteurs: le monde de l’action sociale, socio-économique ou socio-culturelle, le monde de la recherche, et les terrains/acteur·rices sociaux qui sont les premier·ères concerné-es, eux·elles mêmes organisé-es collectivement ou pas.

Il s’agit d’un espace de recherche-action pour aller voir les publics, identifier les questions qu’ils-elles se posent, comprendre comment les idées circulent… C’est aussi un espace d’interconnaissances s’appuyant sur l’enquête -associant les personnes concernées- et ayant un-des objet(s) de travail politique(s).

Nous débutons donc là, en 2025, une démarche de recherche-action pour mieux décrire, analyser, rendre compte, faire récit… des réalités sociopolitiques en rural, depuis le(s) point(s) de vue de nos associations d’éducation populaire. D’autres recherches pourront être initiées sur d’autres thèmes: l’accompagnement à la création d’activités, l’habitat, la culture.

In fine, nous voulons répondre aux questions suivantes : Quelles sont nos spécificités ? Quel est notre objet éducatif, pédagogique, culturel, en tant qu’associations d’éducation populaire en rural? Pourquoi nos associations d’éducation populaire sont (encore) engagées pour un milieu rural vivant?

Pour réaliser ces premières étapes de notre recherche-action, nous mènerons l’enquête au sein même de nos organisations associatives, là où nous articulons théories et pratiques, penser et agir. En référence à la méthode de l’entraînement mental11, nous chercherons à (nous) expliquer ces situations et à comprendre « pourquoi est-ce ainsi ? ».

Conscient de ce qui se joue en matière de transformation sociale et politique dans les démarches de recherche-action, des membres de l’équipe de la Brèche se sont lancés individuellement dans un processus de recherche-action, en mobilisant divers dispositifs.

Des parcours de recherche nourris par l’engagement d’éducation populaire

Au sein de l’équipe de l’association la Brèche, plusieurs personnes ont effectué ces dernières années un parcours de recherche. Nos engagements au sein d’une association d’éducation populaire sont aussi à l’origine de nos entrées en recherche et traduisent le besoin de prendre de la hauteur dans le domaine, le contexte ou la thématique concernée. Fort de ce constat d’un commun de recherche dans ces parcours, un groupe de travail interne à l’association a été constitué afin de trouver les lignes communes dans la manière de les vivre comme des outils du pouvoir d’agir, des outils au service du développement de l’action. Les dispositifs d’écriture en commun qui ont été expérimentés dans ce groupe en témoignent. Écrire avec d’autres et se sentir soutenu·es, se sentir reconnu·es dans l’écriture par d’autres12.                  

Ida a travaillé sur les « Histoires de vie en recherche et en formation »13 qui vient nourrir des pratiques professionnelles anciennes, écoute de récits de migration et biographies langagières pour l’orientation et la formation, et des pratiques plus récentes, l’accompagnement d’individus et de collectifs, et la formation des adultes, en particulier autour des visées éducatives de la lecture, l’écriture et du dire.

Pour Ida, cet engagement est de faire voir-écrire et entendre-lire les histoires de vie de ceux et celles caché·es, occulté·es, nié·es par les histoires des dominants, puissants, oppresseurs. Rendre visible nos histoires singulières et collectives face à la grande histoire, écrite par d’autres, participe d’un mouvement émancipateur14.

« Pour moi, rester en recherche signifie, dans une visée d’éducation populaire et d’écriture populaire, de travailler, avec d’autres, à sortir des rapports de domination par le savoir, coincés dans la construction et la diffusion de recherches par l’écrit sacralisé. Heureusement, plusieurs propositions dessinent déjà un paysage populaire. Alors, peut-être, je pourrais envisager une recherche plus juste15, une recherche-action, une recherche-création ou plus intuitivement une « recherche autrement populaire »16.

Florent participe à des projets d’action-recherche en faveur d’une gestion écologique au sein du monde associatif depuis 2012. C’est en impliquant des laboratoires de recherche publics que les contenus des études auxquelles il a participé apparaissaient comme moins militants aux yeux des partenaires institutionnels. Dès lors, il a ressenti le besoin de continuer ses actions en passant par le monde académique. C’est un moyen d’acquérir une certaine légitimité à parler de ce sujet et de disposer de méthodes pour poursuivre des travaux de recherche.

La recherche de Florent est construite avec une perspective de transformation et d’appropriation citoyenne d’une gestion plus durable. Ce réflexe militant est ancré dans son parcours professionnel : partir de l’action pour se poser des questions et apporter des réponses. « Je mobilise des outils des sciences humaines pour collecter des données dans différents temps de travail que j’ai construit comme des entretiens ou en participant et en observant des pratiques, des réunions, des ciné-débats ou des ateliers participatifs. (…) J’ai besoin d’avoir éprouvé l’opérationnalité des tâches pour pouvoir en porter une analyse. Cette méthode empirique est liée à l’enquête qualitative »17.

Le métier de Céline, c’est l’accompagnement et la formation, l’animation. Elle entre dans une démarche de recherche-action en 2021, dans le cadre d’un séminaire itinérant proposé, organisé et animé par le Réseau des Créfad après vingt-cinq années d’engagement bénévole et salarié dans le milieu associatif.

Par-là, elle souhaite prendre le temps de regarder de plus près et avec des outils de la recherche, sa pratique et ensuite, « la possibilité de permettre à d’autres de gagner du pouvoir ».

L’itinérance est posée comme principe pédagogique du dispositif de recherche-action, amène à se déplacer à travers la France et parfois au-delà. « L’espace et le déplacement, qui viennent se frotter et confirmer l’ancrage de cette recherche sur le territoire où je travaille, le territoire où je vis. L’espace et le temps, qui, finalement, prennent complètement leur place dans l’enquête que je mène auprès des habitants du village auquel ma recherche s’intéresse et deviennent pour moi, des clés de lecture et de compréhension des situations et des enjeux ». Céline envisage désormais les suites à donner à sa recherche-action, en impliquant les habitantes et habitants du territoire sur lequel elle est engagée… une rivière va lui en offrir l’occasion (voir ci-dessous).

Passé par le même dispositif de séminaire itinérant de recherche-action, Jean-Marie imagine les prolongements possibles d’un processus de recherche-action auquel il a pris goût, mais qui interroge la légitimité de l’acteur-chercheur redevenu pleinement acteur associatif, après ces années de recherche-action en itinérance. Si le référentiel se déplace vers le champ de l’éducation populaire, la légitimité à s’affirmer chercheur grandit. « Parce que prendre du recul méthodologique et théorique pour porter, à plusieurs si possible, une analyse et repérer ce qui «pose problème», sur des situations concrètes vécues, est une activité permanente dans mon quotidien professionnel. ». Il envisage d’effectuer une recherche-action avec deux artistes locaux : Ella Pelloquin, danseuse chorégraphe, et Antoine Bouraly, dessinateur illustrateur.

Ces parcours montrent que la recherche constitue un outil d’éducation populaire, permettant de prendre du recul, d’analyser et de transformer leurs pratiques et de donner du pouvoir d’agir aux participant·es.

Les contours des recherches-actions sont parfois flous et la méthode « chemin faisant » caractérise fréquemment les initiatives associatives en  cette matière. Enrichi-es de leurs expériences inter-associatives et renforcé-es par leurs parcours spécifiques d’actrices-teurs-chercheurs, les membres de l’équipe de l’association le Brèche initient désormais des démarches de recherche-action au sein même de leurs activités associatives et en mobilisant le plus souvent possible d’autres habitant-es.

La recherche-action associative comme fabrique du politique

Deux initiatives ont été prises récemment consistant à lancer deux recherches-actions sur ce territoire rural et illustrent la dimension engagée et politique de ces démarches.

Mener recherche avec la rivière…                 

Qu’est-ce qu’un territoire ? Lorsqu’on confronte les récits géohistoriques aux projets contemporains, que voit-on ? L’oubli de certains éléments dans le territoire est-il un symptôme de notre temps, signe, parmi d’autres, de la rupture écologique ?

Associer ces aspects territoriaux avec les problématiques d’aujourd’hui rend mieux compte des réalités locales, et prend une dimension politique, alliant imaginaire, récits et décryptage des faits territoriaux.

Une équipe partenariale, pluridisciplinaire, s’est constituée, courant 2025, pour questionner le rôle historique, philosophique et religieux, mais aussi économique, culturel, de la rivière Senouire dans la constitution du territoire de vie de La Chaise-Dieu (territoire rural de moyenne montagne en Haute-Loire).

Il s’agit de mener l’enquête, avec l’aide de Céline (voir ci-dessus) en allant rencontrer les habitants et les acteurs locaux, enquête qui sera coordonnée par la Brèche, en collaboration avec les membres de l’équipe scientifique. Une radio associative locale est également impliquée.

Les habitant-es raconteront leur vécu avec la rivière, en s’appuyant sur des démarches de cartographie sensible. Les arpentages, articulés aux enquêtes habitantes et photographiques viendront livrer une ethnographie de la vallée. La radio et la photographie seront mobilisées pour garder traces des échanges et imaginer des manières de restituer au plus grand nombre.

Mobiliser à nouveau l’espace et le temps pour faire se rencontrer les enjeux locaux et les enjeux planétaires, personnels et collectifs, l’environnement, l’économique, le politique, pour saisir la complexité, la beauté des situations et construire à plusieurs des résolutions locales appropriées. Autant d’éléments qui viendront soutenir les échanges et la compréhension d’un autre temps de la rivière et de
sa vallée.

Contribuer à la sauvegarde d’une langue locale par la recherche-action… 

La pratique de l’occitan d’Auvergne est perçue comme préoccupante par ses locuteurs·rices- et ses promoteur-euses. Le vieillissement de la population provoque sa lente disparition. Pour autant, malgré ce contexte particulièrement défaitiste18, depuis quelques mois, une certaine effervescence (expositions, ateliers, projections documentaires, etc.) est constatée sur le(s) territoire(s) où agit la Brèche, et elle est majoritairement le fait d’associations locales, départementale et régionale.

Une telle situation invite à mener l’enquête. Par la recherche-action, il s’agira de mieux comprendre cette effervescence, permettre son appropriation, afin de la prolonger : passer de l’effervescence à une dynamique plus durable et consciente de ses enjeux, de ses limites, de ses potentiels.

Il s’agira de mobiliser des habitant-es, des organisations socio-culturelles et des chercheurs-ses et  affirmer leur droit à explorer, investiguer, enquêter leur quotidienneté, leurs expériences, leurs activités, pour les transformer en un droit à enquêter, à documenter, à problématiser, à coopérer, à analyser, à conceptualiser, à mettre en récit, à « paroler », à créer de nouveaux possibles.

La question de recherche s’affinera en progressant dans l’enquête. Parce qu’« une recherche-action est toujours en tentative, c’est à dire qu’elle s’exerce toujours depuis une position d’incertitude, de non savoir. Nous nous mettons en recherche collectivement parce que nous ne savons pas (faire), ou pas suffisamment (…) C’est donc bien cette position d’ignorance, ou de savoir partiel, qui nous oblige à « faire avec »19.

C’est une des conditions à la dimension participative de cette recherche-action : ne pas tout cadrer dès le départ mais laisser place à ce qui va advenir chemin faisant.

Accompagner d’autres personnes en recherche…    

La recherche-création un temps imaginée avec Ella et Antoine (voir ci-dessus) n’a pas abouti là où on l’attendait, mais elle a pris une autre orientation : l’accompagnement d’Ella dans sa démarche de recherche en tant que danseuse et chorégraphe et ce, dans le cadre d’un dispositif proposé par Boom’Structur20.

La proposition faite à Ella de s’appuyer sur un récit autobiographique est venu rappeler qu’il y a bien une dimension de formation21 au sein du séminaire itinérant acteurs et entrepreneurs sociaux évoqué ci-dessus. Cet accompagnement s’inspire de la méthode élaborée par Henri Desroche, s’appuyant sur le récit de vie et de l’auto-biographie raisonnée22. Et c’est cette dimension-là qui se révèle dans la manière d’accompagner Ella : repérer les questionnements de recherche dans les étapes d’un parcours de vie, déplier ces questionnements, effectuer des allers-retours entre action et pensée… tout en préparant concrètement chacune de ses résidences artistiques au sein de la structure dédiée.

En guise de conclusion… provisoire !

Ces quelques exemples de démarches de recherche-action, pour certaines encore en devenir illustrent les enchevêtrements en présence, entre individuel et collectif, à une échelle locale ou à vocation plus étendue, mobilisant une seule association ou une dynamique inter-associative plus large.

Ce témoignage indique qu’un dispositif de recherche-action se construit chemin faisant, et que plusieurs démarches peuvent s’additionner, s’alimenter, que nos rôles peuvent bouger : nous initions et animons et/ou nous accompagnons, nous mobilisons des partenaires, dont des scientifiques, et des habitant-es,… Nos manières de nous impliquer varient, les questionnements partagés en équipe sont alors essentiels.

Ces manières de faire -souvent expérimentales- font de nous des acteurs·rices politiques de nos milieux ruraux, individuellement et collectivement. La recherche-action constitue un dispositif pertinent, un mode d’engagement politique pour accompagner l’activation d’habitant-es mobilisé-es sur une problématique, en tentant de cultiver des liens avec d’autres associations locales.

Loin d’être neutre, elle est nourrie par un engagement qui vise l’émancipation, la co-production des savoirs et la transformation sociale des territoires ruraux.


  1. Article 2 des statuts de l’association la Brèche.
  2. Collectif, Recherche-action participative. Des/accords entre universitaires et associatifs, Éditions Créfad documents, 2025, p.103.
  3. Le Réseau des Créfad coordonne 16 associations d’éducation populaire qui œuvrent en réseau pour construire et agir ensemble. Voir : https://reseaucrefad.org
  4. Peuple et Culture est un mouvement d’éducation populaire créé en 1945, fonctionnant en unions d’associations locales pour promouvoir l’émancipation individuelle et collective par la culture. Voir : https://peuple-et-culture.org.
  5. Coordination d’étude et de liaison des associations à vocation agricole et rural.
  6. Accueil paysan Bourgogne, Créfad Auvergne, FR Civam Auvergne, dASA, La Brèche, Le Battement d’ailes, Réseau des Créfad et Semeurs du possible, Reconsidérer les transmissions pour mieux les accompagner – Celavar – Crefad documents, 2021, https://associationdasa.fr/wp-content/uploads/2022/06/Etude.pdf.
  7. Ibidem, p.6.
  8. Ibidem
  9. Ibidem, p.13-14
  10. Questionner les évidences qui peuplent notre quotidien, in Journal de l’alpha n°234, 3ème trimestre 2024, https://journaldelalpha.be/espace-monde-et-entrainement-mental-anatomie-dune-formation-pour-sentrainer-a-comprendre-le-monde.
  11. https://entrainementmental.org
  12. Florent Brun, Céline Champouillon, Ida Legagneur, Jean-Marie Perrinel, La recherche en associatif : l’exemple de l’association La Brèche, in Efadine, n° 17, novembre 2025, pp. 40-55, https://efadine.wordpress.com/numero-17.
  13. Du Hivirf, Université de Tours, sous la direction d’Hervé Breton.
  14. En référence à Paulo Freire, pédagogue de l’alphabétisation
  15. En référence à l’association Sciences citoyennes. https://sciencescitoyennes.org
    l_association
  16. Léa Laval, Autrement populaire. in Revue Agencements, n°10,2024, p.13-18, www.editionsducommun.org/collections/revue-agencements/products/agencements-n-10-mars-2024.
  17. Florent Brun, Céline Champouillon, Ida Legagneur, Jean-Marie Perrinel, La recherche en associatif : l’exemple de l’association, op.cit.
  18. Nous choisissons ce terme tant nous entendons fréquemment de la part des locutrices-teurs les plus âgé-es : « cette langue ne sera plus parlée par ici après ma mort ».
  19. Louis Staritzky et Pascal Nicolas-Le Strat, Faire recherche en habitant, une histoire populaire de la recherche-action, in L’école du terrain, https://lecoleduterrain.fr/maniere-de-faire/faire-recherche-en-habitant.
  20. www.boomstructur.fr
  21. Xavier Lucien et Christian Lamy (ss.dir.) Recherche-action / recherche participative et formation à la recherche-action, Crefad documents 2025, 170 p.
  22. Voir notamment : Henri Desroche, Espérer, coopérer, (s’) éduquer, Presses de l’économie sociale, 2014, 216 pages.